Citoyen Macron, notre résident de la République

Le gotha français était présent pour son intronisation – parfaite ! -, et certains en avaient la larme à l’œil. L’ancien président s’est effacé dans la dignité, une passation de pouvoir dans la plus grande politesse et le faste républicain, entouré de militaires. La démonstration de la puissance de l’État.
J’ai voté pour toi, citoyen président.
Quand l’extrême-droite a été boutée hors du palais de la République, j’ai soufflé. Longtemps. On le savait, mais pas tant que ça.
J’ai soufflé longuement, j’étais calme et serein, et puis… retour aux basiques. Nous avons 5 ans devant nous.
J’ai voté malgré la faiblesse, le riquiqui du programme écologiste d’EM. Seule chose, acter l’accord de Paris lors de la COP 21. C’est le point fondamental, la priorité des priorités pour la totalité des espèces de la planète, dont l’homme : limiter l’augmentation de la température globale sous les 2° C, seuil à partir duquel les scientifiques redoutent un emballement incontrôlable. Les USA ont pu dépenser 1 600 milliards $ pour les guerres d’Irak, d’Afghanistan, et de prévention contre le terrorisme, auxquels il faut ajouter la guerre contre l’EI, les guerres en cours, en Syrie, et ailleurs dans le monde.
Mais on n’arrive toujours pas à rassembler les 100 milliards $ d’aide des pays développés aux pays en développement.
Préparer la guerre pour obtenir la paix est un concept antédiluvien, dépassé, mais encore tant à la mode. Si on préparait un monde vivable pour envisager une paix possible ?
Candidat à la présidence, le citoyen EM, a pris des engagements, notamment sur les renouvelables.
Candidat convaincu des arguments de Jade Lingaard sur le prix de l’électricité nucléaire, notamment que les courbes de prix se sont croisées, le nucléaire coûte, et coûtera de plus en plus cher quand le prix du renouvelable baisse (lire sur mediapart).
Mais, parce qu’il y a un mais, le candidat ne veut pas dire qu’il va sortir du nucléaire pour ne pas mettre en danger le business d’EDF, et causer sa chute immédiate. La mort des ouvriers d’EDF dit-il.
Ben… non. Ils ne vont pas mourir. A Fukushima, à Tchernobyl, oui, les populations meurent, et les ouvriers meurent, et les pompiers meurent. Enfin n’oublions pas les 22 000 salariés précaires du nucléaire, ceux des entreprises sous-traitantes ou intérimaires, ces nomades qui vont de centrale en centrale, se coltinent les plus gros risques et sont les plus exposés aux radiations. Ceux-là n’ont pas la protection sociale des salariés d’EDF et sont mal payés. Les invisibles de l’énergie atomique.
Le nucléaire nous permet, selon le candidat, d’avoir une production totalement décarbonée. C’est faux bien sûr, dans la mesure où il faut construire (non, il ne faut plus !) ou réparer des centrales en fin de « vie », il faut aussi assurer l’exploitation et la transformation du minerai d’uranium, faire accessoirement la guerre pour protéger les mines, et il faut stocker les déchets nucléaires dans des piscines qui ne sont pas à l’abri des actes de guerre ou de terrorisme.
Puis que faire de ces déchets mortels ? On les laisse refroidir, avec les risques qu’on sait, on contamine fleuves et océans, puis on s’arrache les cheveux pour savoir où les enterrer à coups de milliards pour faire passer la pilule.
Le candidat nous a dit que personne ne connaissait le coût réel du nucléaire. C’est vrai. Mais on ne fait que constater des dépassements mirobolants, hallucinants, pour les EPR, mais aussi pour ce que l’on nomme grand carénage, un investissement extraordinaire pour colmater les vieilles centrales.
En plus, celles-ci ne seront démantelées qu’au 22ème siècle, faute de savoir le faire aujourd’hui. Autrement dit, ces déchets ultimes ne seront pas démantelés tout au long de ce siècle qui a commencé dans la furie et l’anxiété. Merci pour les générations futures.
Le candidat a toutefois promis de passer les appels d’offres pour le solaire et l’éolien terrestre dès le début de son mandat. De faire passer le nucléaire sous la barre des 50% d’ici 2025. Et d’investir dans l’éolien offshore et les installations marines, même si l’énergie produite coûte bien plus cher.
Le flou, c’est de ne pas savoir si ces éoliennes seront gérées par les particuliers et les collectivités, pour le plus grand profit des citoyens, ou par les grands groupes actuels de l’énergie, Engie, EDF, Areva, aujourd’hui à terre, pour leurs plus grands profits, au détriment des citoyens. Mais bon pour le climat et la sécurité du pays.
En matière de pesticides, le candidat promettait d’être sourd aux lobbies, et d’écouter la parole des scientifiques, et aussi la participation citoyenne. Ce n’est pas la vision qu’on en a eu lors de la cérémonie d’intronisation, mais nous verrons avec le temps. Les corps intermédiaires, les syndicats auront bien du mal à trouver leur place, malmenés qu’ils seront.
Pour les pesticides, nous jugerons aux actes, qui doivent être pris aussi dès le début du mandat, tant que le gouvernement sera fort et qu’il y aura envie de la majorité des gens pour faire réussir le pays, qu’il y a encore confiance, et sachant que les jours heureux du pouvoir s’assombrissent très vite.
Hollande l’a dit en partant, « je laisse le pays en meilleur état que je ne l’ai trouvé ». C’est vrai pour l’économie, la finance, les banques.
Le CAC 60, ce CAC40 élargi, est passé de moins de 6000 points en 2012 à près de 14 000 points en 2017.
Les salariés mal payés, les chômeurs, les ubers, les SDF, le prolétariat va mal. Heureusement qu'ils ont encore les restos du coeur, Emmaüs, la soupe populaire en quelque sorte.
Le petit commerce ne va pas bien, il souffre à la fois que la concurrence d’internet, mais toujours d’un déport du commerce vers des zones commerciales à l’écart des villes, accessibles uniquement par auto, nos villes en souffrent. Sauf peut-être encore les très grandes villes.
D’ailleurs, au sujet de l’auto, on ne peut que regretter le soutien du candidat à la motorisation diesel à l’horizon 2025. Certes on supporte notre industrie nationale, mais on la laisse se tourner vers l’industrie du passé. Il s’agit là encore, comme pour le nucléaire, d’éviter des pertes boursières ou des faillites, mais ce n’est sans doute pas ce qui permettra de conquérir les marchés étrangers, qui veulent limiter la pollution, et favoriser leurs industries locales.
Le domaine des transports et de la mobilité est l’un des gros points faibles de l’ancien ministre, qui a négocié avec les concessionnaires autoroutiers des contrats qui vont à l’encontre de l’intérêt général. Elles vont empocher de juteux bénéfices et une rente allongée contre un simple gel des péages en 2015.
Il faut dire que la hausse des péages, 15% à 30% en dix ans pour des autoroutes dont beaucoup sont amorties, est une pilule dure à avaler quand les salaires sont gelés ou baissés.
Nous verrons comment les lobbies ne seront pas à l’œuvre à l’Élysée, lorsqu’il faudra faire des choix entre la volonté des habitants et celle des grands groupes du BTP et des concessionnaires, les Vinci, Sanef, Bouygues, Pierre & Vacances et consorts.
Nous verrons aussi comment les lobbies ne seront pas écoutés lorsqu’il faut faire des choix entre une agriculture paysanne, bio, locale et l’agriculture intensive, hors-sol, irrespectueuse de la condition animale. Sans parler de la quantité de plus en plus importante du territoire cultivé qui ne sert qu’à la production de bio-carburant, plutôt que la nourriture. Qui sera écouté ? Les consommateurs, la Confédération paysanne ou la FNSEA ?
Il faudra se battre, et la meilleure méthode sera pour les consommateurs de choisir leur source d’alimentation. Mais il faut constater l’augmentation de la malbouffe. C’est un choix. Pas tant pour une question de prix. Il y a peu de différence en fait, c’est plutôt une question marketing. Des produits tout faits, sous vide, prêts à passer au micro-ondes. Ça coûte un bras au kilo, mais pas besoin d’éplucher, la sauce est livrée avec.
Pour le reste, c’est business, business. Ok les affaires vont mieux, iront mieux encore. Mais il faudrait que tout le monde y trouve son compte. Les gens ont voté pour ne pas avoir Le Pen, mais aussi pour un contrat gagnant-gagnant. La démocratie, ça semble solide, mais elle a été à un cheveu de tomber par la voie des urnes.
Alors, ok pour la 6ème République, même vue par Edouard Philippe. Elle sera discutée, et tous les intellectuels entreront dans le débat. C’est sûrement une de nos dernières chances pour notre démocratie.
Mais créer un grand centre droit libéral, et « couper les deux bords de l’omelette », comme le dit Alain Juppé, frapper les classes sociales les plus défavorisées, les ouvriers les moins qualifiés, et n’enrichir que les classes sociales favorisées et les riches, c’est reproduire encore et encore les mêmes causes qui causeront les mêmes conséquences.
La prochaine fois, le vote utile ne marchera sans doute plus.
Oui, la robotisation rend son avantage compétitif aux pays riches. La concurrence des pays émergents sera moins féroce. Mais combien de temps, avec quelles ressources fossiles qui disparaissent, sont mal recyclées, même pas recyclables pour la plupart, des ressources énergétiques fossiles. Oui cette robotisation permettra de ramener de la production locale, mais en laissant de côté ceux qui n'ont pas la formation. Y en a plein.
Quel est le prix social ? Pacte républicain, où te caches-tu ?
Cette nouvelle droite centriste libérale élargie peut-elle conduire une politique pour tous, ou seulement pour une majorité parmi ceux qui s'expriment ; avec son lot de rage et de bordel dans la rue demain ?
Je suis pour la culture du compromis et du consensus, mais basée sur l’intelligence et la sollicitude. Basée sur des arguments et la compréhension. Basée sur le débat public et l’intérêt général, qui respecte les uns et les autres, et la nature. Et les générations futures. Et des modes de vie sobres, ce qui va à l’encontre de ce que font la plupart de nos élus, qui aiment tant le pouvoir, et tant l’argent.
Oui à une Europe de pouvoir, parce que nous avons un monde à construire, des arbitrages à régler, internationalement, et ce ne sera pas facile. Sur la paix. Sur le climat, et j’en suis d’accord avec Macron : en s’appuyant sur la Chine et l’Europe. Poutine et Trump ne seront pas les chefs de file contre le dérèglement climatique, bien au contraire.
Je souhaite la réussite pour le gouvernement qui se met en place, pour nos concitoyens.
Pas sans le contrat social qui nous a toujours unis. Pas sans la nature au sein de laquelle nous vivons. Pas avec un climat qui conduit vers le cataclysme. Pas sans la fierté d’être humains.
L’époque du fric en politique, des places, des maroquins, des médailles et surtout du business n’est pas finie.
Mais vient celle de la responsabilité et du courage d’affronter nos démons et les grosses, grosses épreuves à venir : donner un toit et de quoi vivre à chacun, du lien entre les gens, du boulot, un avenir possible pour tous.
Evidemment, je vais voter écolo à ces élections législatives qui arrivent. Il n’y a plus de vote utile à ce premier tour.
On vote business ou on vote écolo, extrême-droite, ou gauche ou écolo (je sais je me répète, mais j’y tiens, c’est aussi le vote de mes enfants qui n’en n’ont pas le droit).
Puis on votera utile, s’il le faut, au second tour, pour contrer cette extrême-droite justement.
Le vote business sera largement majoritaire. De la droite centriste libérale à la gauche libérale.Vivement la proportionnelle et la fin du présidentialisme.
Il faudra des députés écolos pour apporter notre pierre au débat. On voit comment le fait de se retrancher inutilement de la candidature fait fondre le débat. "Oups, ils ne sont plus là, on cause d'autre chose..." Et de gauche. Et d’extrême-droite si l’on veut respecter la démocratie. Mais ceux-là, moins il y en aura, plus je serai heureux.
Pour compenser des votes majoritaires de droite centriste libérale anti-écolo. Pour interpeller un gouvernement qui, comme d’habitude, saura ignorer les évidences avec des mots qui sonnent républicains. Des mots pour caresser, des actes avec intérêts. On gagne tous ensemble, ou on se perd tous ensemble.
Ça veut dire avec les apports de tous, de chacun, de toute l’intelligence disponible dont on a tant besoin, et des ressources à économiser. On sera peut-être présents, nous, écolos. Ou absents, ce qui serait dommage, pour leur rappeler les vérités et les priorités. Ou pas. Et je ne compte pas sur les Placé, Pompili, Cosse ou De Rugy !.. Sur des écolos qui seront le relais entre le terrain et l’Assemblée, pas des carriéristes pour rester poli.
Bonne chance au gouvernement, mais nous veillerons au grain quoi qu’il en arrive. C'est ce qu'il y a de bon dans la démocratie.

34% pour le FN, Macron a senti le souffle de la victoire, Merkel aura senti le vent du boulet

Ouf, quel soulagement ! Nous avons échappé au FN, les Français ont choisi l'Europe, contre un bouleversement de la géopolitique au profit de la Russie de Poutine.
Nos voisins mais néanmoins amis britanniques ont perdu leur espérance de pouvoir négocier le Brexit avec une Europe désunie. Sans doute la raison pour laquelle des quotidiens pro-brexit n'ont pas évoqué l'élection française en "Une". Il leur faudra faire preuve de beaucoup de diplomatie pour ne pas sortir affaiblis, voire exsangue une fois sortis de cette Europe réunie sans eux.
Un plébiscite pour l'Europe, mais il en faudra plus pour réparer la fracture entre riches et pauvres, entre partisans de la fermeture des frontières et ceux qui veulent vivre dans une Europe qui pèse dans le monde.
Aujourd'hui, l'Europe est un outil de stabilité, mais surtout de pouvoir.
Comment négocier avec les blocs aussi puissants que la Chine, l'Inde, les États-Unis et le Canada, la Russie, si l'on n'a pas la dimension suffisante ? Aujourd'hui, nous représentons 510 millions de citoyens européens. Nous ne serons plus que 445 millions de citoyens après le brexit.
Comment participer et peser aux COP, les conférences sur le climat, aux conférences de paix, au développement économique, écologique et social dans notre zone, mais aussi dans le monde, si l'on n'agit pas de façon concertée ?
Comment réaliser la transition énergétique sans une politique européenne de l'énergie. Nous consommons 20% de l'énergie produite dans le monde. D'abord dans le transport, puis dans le secteur résidentiel. Ces deux postes représentent à eux seuls 50% de la consommation. Du pétrole, du gaz, du charbon que nous importons pour un tiers de Russie.
66% c'est un bon score pour Macron, mais c'est surtout un plébiscite pour l'Europe et aussi pour l'Euro. Le FN n'a compris cet attachement que trop tardivement, mais le temps de faire volte-face, nous avons vu la candidate Marine Le Pen exploser en vol lors du débat en tentant d'expliquer comment on ne sortait pas de l'euro, tout en sortant de l'euro, en réinventant unilatéralement l'idée d'une monnaie commune, l'écu, à laquelle la France et l'Allemagne avaient préféré l'euro.
Oui, il eût fallu avancer dans une Europe plus démocratique, plus égalitaire socialement, plus politique. Ça n'a pas été fait : les gouvernements des nations européennes ont préféré bricoler des traités. celui de 2005, rejetés par référendum, mais ratifié par voie parlementaire sous le nom de traité de Lisbonne. Sans oublier le traité de Nice que les Irlandais avaient rejeté. On les a gentiment invités à revoter jusqu'à ce qu'ils disent oui.
Quelle démocratie alors, quand ce sont les parlementaires français qui s'assoient sur la démocratie ? Ou du moins, sur la décision du peuple. Parce que oui, dans les faits notre démocratie le permet. La preuve, c'est ce qui s'est produit.
Et le Conseil européen qui avait décidé de ne pas adopter la directive Bolkenstein n'a pas eu voix au chapître : c'est la Commission européenne seule qui avait le droit de le faire, nous expliquait l'actuel président de la Commission européenne, M. Junker.
Les commissaires européens sont l'émanation directe des nations et des gouvernements, avec un commissaire pour chaque pays, même si dans la forme, ils ne représentant pas officiellement leur pays, mais sont là pour défendre l'intérêt général. Secondée par le Secrétariat général et les services, qui consultent les groupes d'intérêt, pour ne pas dire les lobbies, et les administrations nationales, l'exécutif européen dont les pouvoirs ont été renforcés ne passe pas par les arcanes du vote. Comprenez le trouble quand la Commission bloque tout changement.
Comprenons les doutes des citoyens européens lorsque le Conseil européen nécessite une majorité qualifiée de pour prendre une décision incompréhensible, et une minorité de blocage qui l'est tout autant.
Comprenons qu'il y a besoin d'instaurer plus de démocratie en Europe. L'Europe, c'est le temps long, l'État, c'est le temps court.
Madame Merkel devrait sentir le vent du boulet. Mais M. Macron devrait le ressentir aussi. Je veux continuer de construire l'Europe, mais le faire avec les citoyens. Cesser aussi de l'accuser de tous les maux quand on se trouve en échec. Assumons nos échecs, le premier, c'est celui du chômage de masse, de la pauvreté. Celui de la sécurité aussi. Sécurité sociale, égalité sociale aussi, pour lutter contre le dumping. L'égalité fiscale reste hors de portée, les élites de tous les pays s'en gardent. Comme le FN s'en gardait, mais le FN a perdu largement.
Faites en sorte que ce soit une défait permanente.
Ouf, je respire mieux depuis que la porte s'est claquée devant ce parti qui referme sa parenthèse écologique, et qui voudrait opposer le mondialisme et le patriotisme.
Moi, je l'aime, la France. J'y suis aussi chez moi. Et je suis heureux de me sentir chez moi en Espagne, en Belgique, en Hollande, en Allemagne, en Italie, en Irlande, en Europe. Je me sens chez moi en Europe. Et même en Angleterre. Et pour avoir visité la Tchécoslovaquie en 1977, je suis heureux de la chute du mur, qui est aussi la chute des barbelés entre Européens.
Avec Macron, c'est le business qui a gagné. Mais le vote Macron est de façon écrasante un vote de rejet du FN, pas un vote pour son projet.
Fermer les frontières, refuser le mondialisme ne répond pas aux exigences sociales, écologiques et de paix pour la France, l'Europe et le monde.
Fermer les frontières ne supprime pas l'Afrique, l'Asie, la Russie, les Amériques, l'Australie et les Pôles.
Ce qui fait disparaitre le pôle nord, c'est le réchauffement climatique. Nous en sommes à des prévisions de +3° en fin de siècle, les conséquences seront terribles si on ne fait rien pour baisser ce niveau. Il y a urgence.
Il y a urgence sur l'état de la mer, de l'eau potable, et il y a finitude des énergies fossiles et des minerais, et même du sable.
Il y a urgence à lutter contre la pollution, c'est possible.
Il y a urgence à lutter contre la montée des eaux, et donc la perte inimaginable de territoires
Il y a urgence à apporter du lien et du bien-être aux populations : des soins, à manger, un abri chauffé, sain et confortable à minima. Du soutien en plus, de l'amitié si possible, et l'éducation. Un revenu pour chacun.
J'ai voté Macron pour éviter le FN. J'ai soupiré de soulagement quand la porte s'est fermée devant la xénophobie, tout ce qui reste d'un projet rejeté massivement.
Mais la xénophobie reste présente, et elle grossit, elle se gave de pauvreté et d'inégalité, et elle ne nourrit pas un avenir désirable pour les générations futures.
Jour 1, M. Macron. Après la pyramide du Louvre, il faut prendre la pyramide des besoins de la population comme objectif prioritaire : 1 - de l'air, de l'eau, de la nourriture pour la survie, et un climat possible ; 2 - un abri, si possible correct, du confort, du chauffage, de la sécurité ; 3 - de la santé - donc pas de pollution, de pesticides, de nanos,... -, de l'éducation, la protection de la biodiversité ; 4 - la démocratie, la paix, la sécurité, la justice ! ; 5 - du travail qui fait vivre et qui ne fait pas souffrir, et un revenu pour tous ; 6 - la culture, l'amour, l'empathie, le vivre ensemble... ; 6 - la sécurité énergétique, la sécurité, l'arrêt du nucléaire ; 7 -  ... ; 374 - le dernier iphone à la mode, les baskets lumineuses, les costards à 7000 euros, etc...

Dimanche, je vais voter pour Macron, contre Le Pen

Comme nous tous, j'ai assisté à cette campagne électorale. Je vois, et j'entends autour de moi la colère, le ras-le-bol des gens. Il y a ceux qui votent FN pour tout foutre en l'air, renverser la table. Tous pourris, disent-ils.
La faute en incombe aux politiques qui perpétuent la tradition de taper dans la caisse, de pratiquer le clientélisme, de suivre les voies des lobbies.
Je vais aller voter pour mes enfants. Nous allons leur laisser une dette abyssale, pas seulement en milliers de milliards d'euros, mais aussi un changement climatique incontrôlé, alors qu'il est encore temps d'agir. Mais ni Le Pen ni Macron ne prennent le sujet pour prioritaire. Pire, Le Pen rejette simplement l'accord de Paris, comme Trump.
Nous devons déjà combattre les attentats barbares qui ont causé plus de 2 200 morts en Europe depuis 2001. Mais nous ne nous attaquons pas à la pollution de l'air qui cause 48 000 morts prématurées chaque année en France. Chaque année, 48 000 morts en France, et on n'agit pas ? La violence routière nous coûte chaque année près de 3 500 morts. Dont des centaines de piétons et de cyclistes. Les plus jeunes et les personnes âgées sont particulièrement touchées. Pourquoi les chiffres des victimes augmentent-ils chaque année ?
Si l'on veut parler sécurité, il faut inclure toutes ces victimes, et ajouter les 10  000 suicides par an en France. des victimes de la dépression, de l'isolement, de la pauvreté, la souffrance au travail, du chômage, des violences sexuelles... 200 000 tentatives de suicide chaque année.
On n'a pas besoin de haine ou de rejet, mais plus sûrement d'amour, d'amitié, de reconnaissance et d'un revenu pour vivre, habiter, se chauffer, manger, se vêtir, éduquer ses enfant.
On va laisser à nos enfants des poubelles nucléaires sur nos rives et nos rivages, qu'ils auront pour mission de démanteler... au 22ème siècle ! Parce qu'on ne sait pas faire avant, et pourtant, on continue. Il est urgent d'arrêter ! Pas de moratoire sur les énergies renouvelables, bon sang de bois. C'est totalement idiot.
Nous avons vu lors du débat entre les deux candidat-e-s une candidate lire des fiches, et même se tromper dans ses fiches, infichue de nous sortir une explication raisonnable et raisonnée du passage de l'euro à l'écu, tout en gardant une monnaie "patriote".
Les monnaies locales et fongibles, nous y sommes ouverts et très favorables, quand ce ne sont pas nos copains qui en sont eux-mêmes les artisans. Mais là, c'est du grand gloubi-boulga.
Sortir de l'Europe, ce mécanisme totalement imparfait qu'il reste à construire par nous, citoyens européens, et nos enfants, ce serait priver nos enfants de disposer demain d'un outil de contrôle et de prévention des risques. De tous les risques : guerre, famine, pollution, transports, chômage, pauvreté, terrorisme.
Oui, l'Europe est en panne de démocratie. Ce sont les États-nations qui y gouvernent, au sein de la commission, et après des tractations de porte-à-porte. Et non le Parlement Européen.
Et même dans ce parlement, nous trouvons des députés qui ne font que venir pointer pour gagner plus. On ne peut que repenser à l'Assemblée nationale pour Fillon, mais attention, c'est légal. Qui fait la loi ?
il y a soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen. Selon le Parlement européen, le préjudice représenterait près de 5 millions d'euros de nos impôts, rien que pour le FN. La demande de levée de l'immunité parlementaire de madame Le Pen est faite.
Quant à Fillon, plutôt que montrer profil bas avant de passer devant les juges, il fait une clé de bras à son parti avec l'argent de la campagne, les 3,3 millions d'euros qui n'ont pas été utilisés parce que ses électeurs ne veulent plus de lui, ou de son parti. Il n'aura pas franchi le second tour promis, parce que les électeurs réclament des gens qui ne se sont pas fait piquer la main dans le sac.
Triste bilan.
Y-en a des bons ? oui, il y en a. Moins dans les prédateurs, et pourtant les électeurs votent peu pour les plus honnêtes, parce qu'ils les trouvent trop naïfs. Trop bisounours...
Alors, voter maintenant pour un candidat qui n'est pas le mien, et l'autre dont je refuse la violence et l'absurdité, avec l'éclairage de notre histoire, je choisis Macron : il me laissera l’occasion de me battre contre lui demain, sans trop de répression policière, on l'espère. Il fera fi de la démocratie participative, et nous lui balancerons nos arguments et notre farouche volonté de résistance.
Elle, elle nous foutra l'extrême-droite et le mépris des citoyens français qui bougent, avec la violence en plus. La violence cause souffrances et morts.
Le choix entre une bande qui ne montre son incapacité à gérer, à expliquer même ce qu'elle veut faire, qui veut tout casser, se moquant des conséquences pourvu qu'il y ait des bénéfices, on vite de l'argent public ou étranger après tout,
et la bande d'en face, assez triste, se glorifiant d'argent, mais qui au moins sait le gérer, qui se moque des pauvres comme de leurs kleenex...
c'est assez vite fait : on fout le FN à la porte, puis on apprend aux autres qu'ils n'ont pas tous les pouvoirs. Le peuple, c'est pas le FN. C'est tous ceux qui se bougent pour faire changer l'avenir de leurs enfants.
Alors, en musique s'il vous plait, on remet les pendules à l'heure sur le sort funeste du front national et de l'avenir de misère qu'ils nous promettent : votez Macron si vous le voulez bien, et puis, allez le combattre dès lundi, si vous le voulez aussi.
Au moins, ce sera encore possible sans trop prendre de coups. Hommage à Rémi Fraisse et à tous les militants morts ou blessés pour la cause.
Macron demain, et après-demain, on se remet autour de la table, ou à défaut, dans la rue. Mais moins pauvres.

Transports – Une nouvelle gare à Évreux ? Ce que veulent les Eurois, c’est plus de trains pour la Normandie

Une nouvelle gare à Évreux ? Ce que veulent les Eurois, c’est plus de trains pour la Normandie

L’idée du jour concernant la réalisation d’une nouvelle gare dans le quartier de Nétreville à Évreux semble faire l’unanimité chez les élus. Il s’agirait d’une gare alternative à la « gare betterave » excentrée, initialement envisagée. Elle est censée s’inscrire sur le nouveau tronçon Évreux-Mantes, retenu dans les phases prioritaires du projet Ligne Nouvelle Paris-Normandie (LNPN). Ce tronçon ne répond pas à une nécessité matérielle mais à un besoin politique. Le tronçon actuel Évreux-Mantes est-il saturé ? Non, il ne l’est pas. Le seul tronçon saturé et prioritaire est le tronçon Mantes-Paris, dont les travaux doivent être engagés au plus vite.

Les partisans de cette nouvelle gare nous déclarent, sans trop nous expliquer, l’intérêt d’adhérer à ce choix pour enfin satisfaire les relations d’Évreux avec l’Agglo Seine-Eure et la métropole rouennaise. Rappelons qu’entre Rouen et Évreux, ce sont près de 10 000 déplacements qui s’effectuent par jour, en incluant les déplacements de l’agglomération Seine-Eure vers les deux préfectures.

Mais, toutes les gares qui fonctionnent bien sont en cœur de ville, ce sont celles qui permettent l’accès piétons au centre-ville, qui sont reliées au transport public urbain… Cette nouvelle gare de Nétreville serait simplement située 6 km avant la gare actuelle pour les trains en provenance de Mantes, à proximité d’un échangeur routier avec la RN 154 !

Une nouvelle gare périphérique permettrait-elle d’envisager enfin une liaison ferrée entre Évreux et  Rouen, la métropole normande ? Cette nouvelle gare permettrait-elle d’améliorer la liaison ferrée entre Caen, capitale normande, et la métropole de Rouen ? À ces deux questions cruciales pour les Normands la réponse apportée est malheureusement négative.

La seule réponse en matière de mobilité normande qu’apporterait cette nouvelle gare de Nétreville, située à proximité de l’échangeur de la RN 154, ce serait une liaison routière par le car (le car SNCF VTNI, le car départemental, ou un car Macron…) ou bien par la voiture.

Ces liaisons routières, qui n’offrent pas la même qualité de mobilité que le train, sont plus polluantes et émettrices de CO2. Elles sont surtout la conséquence du fantasme politique actuel en faveur des autoroutes et des TGV – en liaison avec de juteux programmes de spéculation foncière et immobilière – au détriment de l’environnement et de la qualité de vie.

Avec ou sans gare à Nétreville, si vous habitez à Évreux, vous pouvez vous rendre à Paris ou à Caen par le train mais pas à Rouen ! Le rayonnement normand de la métropole rouennaise se trouve ainsi grandement pénalisé.

Exigeons ensemble une liaison ferrée utile pour tous les Normands : la liaison Évreux-Rouen. Ce serait bon pour la mobilité des Eurois ; bon pour l’attractivité de la métropole rouennaise ; c’est en outre une piste de solution pour améliorer la liaison Rouen-Caen via Évreux.

À l’heure où les responsables politiques doivent s’emparer des enjeux climatiques, un investissement dans une liaison ferroviaire utile et nécessaire devrait primer sur les réponses routières et autoroutières.

Une liaison ferrée Rouen-Évreux-Caen serait plus bénéfique au rayonnement d’une métropole moderne et durable qu’un contournement autoroutier de Paris à péage, via la liaison A28-A13 – faussement qualifiée de contournement de Rouen (1). L’argent des contribuables normands serait plus utilement employé pour un service ferroviaire de qualité que pour accorder de nouveaux bénéfices aux sociétés d’autoroutes (2). C’est le sens des responsabilités, vis-à-vis du climat, des enjeux de mobilité et des finances publiques.

(1) La liaison A28-A13 amènera par ailleurs la privatisation du tronçon routier de la RN 154 entre Rouen et Évreux, comme c’est déjà le cas après Évreux, côté Eure-et-Loire, où la RN 154 est en voie d’être requalifiée en autoroute A154 (pour plus d’informations lire : FEUILLEUX François, « Voici le tracé de la future autoroute A154 en Eure-et-Loir », L’Écho Républicain, 16 novembre 2016. Accessible en cliquant ici).

(2) Les sociétés d’autoroutes ont été épinglées à ce titre par la Cour des comptes (pour plus d’informations lire : COUR DES COMPTES, « Les relations entre l’État et les sociétés concessionnaires d’autoroutes », 24 juillet 2013. Accessible en cliquant ici).

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Contournement Est, A28-A13 : un projet politique, nuisible pour l’environnement, les habitants, la qualité de vie, la santé, les finances publiques et les collectivités.

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Le contournement Est de Rouen qui nous a été présenté, l'autoroute à péage, n'a pas fait l'objet de débat public.
Un débat public avait eu lieu en 2005, pour un autre contournement à l'Est, sur un autre tracé, pas autoroutier, pas à péage, qui n'était pas un recours à un partenariat public-privé (ppp), sous forme de délégation de service public. il n'y avait pas 8 viaducs, autant de destruction de nature, de forêts, de terres agricoles. Le projet de 2005 coûtait 3 fois moins cher.
En 2005, l'axe Calais-Bayonne était en cours de réalisation : c'était l'A28, qui a ouvert en 2007. Déjà les CCI promouvait cet axe nord-sud.
En 2014, les citoyens et contribuables ont eu la possibilité de participer à une concertation, non pas un débat public, qui n'a fait que montrer l'opposition des riverains et des habitants, et des usagers.
Le maître d'ouvrage a présenté son projet, les citoyens ont pu, pas tous, poser des questions, dans un format limité dans le temps aux alentours de 3 minutes.
Le maître d'ouvrage répond largement, ou ne répond pas, notamment avec la demande répétée, maintes fois, sur les gains de temps, où nous n'avons entendu en réponse, une fois : "nous pensons qu'il y aura des gains de temps."
Et bien, pas nous, en tous cas pas pour les Casois, et pas pour les quelques exemples qui ont été présentés lors de l'enquête publique.
Au final, après une concertation publique, l'autorité reste libre de sa décision.
Le 7 janvier 2015, le sinistre jour de l'Attentat de Charlie, Ségolène Royal, Ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, et Alain Vidalies, Secrétaire d'État charge des transports de la mer et de la pêche ont donné leur accord pour la poursuite des études préalables à l'enquête publique.
Cette enquête, ouverte le 12 mai 2016 a permis au public d'accéder aux 4000 pages du dossier. Le public aura donc eu deux mois pour prendre connaissance de toutes les pièces, de se faire un avis, poser des questions, dénoncer les nombreuses erreurs qui émaillent le dossier, et aussi donner des avis, et c'est nouveau, les citoyens, associations ou partis, se sont vus proposé de présenter des alternatives. Le contournement ouest bien sûr. Mais pas seulement : puisque la Région met 20 millions sur la table pour étudier la réouverture de la ligne ferroviaire Rouen-Evreux, ne passant pas forcément par la vallée de l'Iton, la possibilité d'étudier la poursuite de cette ligne jusqu'à Orléans, donnant au port de Rouen la possibilité d'augmenter ses capacités d'acheminement, et surtout : sans encombrer les routes, les agglomérations, et en évitant les pollutions.
Ça, cela améliorerait vraiment la qualité de vie de rouennais. Et permettra de conserver la place de nos ports, plutôt que les offrir en pâture aux grands ports du nord.
Serqueux-Gisors pour le port du Havre et Paris, et Orléans-Rouen, pour le port de Rouen, 1er port européen pour les céréales, pour l'instant.
L'enquête publique est terminée, depuis le 11 juillet à 15h45.
Les contributions ne sont plus visibles du public depuis ce moment. C'est bien dommage, et très peu "open data".
La commission d'enquête va rédiger un rapport sur le déroulement de l’enquête et consignera dans un document à part ses conclusions motivées.
Puis le gouvernement décrétera l’utilité publique du projet, la mise en compatibilité des documents d’urbanisme, et le statut autoroutier de l’infrastructure.
Attendu que les contributions ne sont plus visibles du public, je vais placer quelques unes que nous avons produites, collectivement, et qui démontrent l'inutilité, et même la toxicité de l'infrastructure.
La 1ère contribution que je mets en ligne, c'est un point de vue citoyen sur l'intérêt général, régional et local de l'infrastructure.
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avril
07

Région Normandie : la santé c’est l’autoroute. De qui se moque-t-on ? 48 000 morts prématurées en France du fait de la pollution !

Les constats sont déjà établis, avec des indicateurs de santé défavorables, qui se traduisent par une surmortalité et une mortalité prématurée supérieure à la moyenne nationale, notamment dans l’Eure et la Seine-Maritime : cancers du sein, des bronches, de la trachée, du poumon, mélanomes...
La solution : plus de pollution grâce à l'autoroute, plus de routier, et des risques sur l'eau potable de l'agglomération rouennaise !
Que trouvons-nous dans le plan santé de la Région ? LNPN et autoroute A28-A13. Nous marchons sur la tête !
On va intoxiquer encore plus les habitants, supprimer des pans de territoire, supprimer des zones agricoles et des forêts, des prairies, des accès, pour fabriquer des trucs à pognon. Pas public, mais privé celui-là.
Mais financé quand même par le public et l'impôt, qu'il soit local, régional ou d'État.
Le beurre, l'argent du beurre, et le cul de la crémière.
La LNPN, ou comment inventer le TGV pour faire 200 bornes. Mais pas d'une traite, en omnibus en plus. Une catastrophe économique et écologique à venir. Et qui obligera les citadins à se rendre à la gare en voiture.
Oui, puisqu'en dépit du bon sens, ils veulent construire une ligne LGV qui s'arrête dans les villes. On en voit les effets sur toutes les lignes TGV qui plongent la SNCF dans les pertes financières. Alors même que la ligne "concurrente" Le Havre-Rouen-Paris est la plus rentable de France, et les gares sont implantés dans les coeurs de villes, avec les transports collectifs ou actifs (marche et vélo) en rabattement.
Plus obscur, la volonté d'insérer l'autoroute A28-A13 comme une préconisation pour la santé ! A la bonne vôtre !
Évidemment : la région avait présenté cette autoroute comme d'intérêt européen et francilien. Difficile de lui trouver un intérêt régional, vu l'opposition quasi unanime de la population dans l'Eure, et massif en Seine-Maritime.
Alors la santé, imaginez l'aubaine, c'est imparable. C'est bon pour ce que t'as. Cancer des bronches ? Des camions. Cancer du poumon ? Des autos. Cancer de la trachée ? Ben justement, on va vous faire une grande tranchée dans le territoire. Comme le remarque avec justesse Bernard Leroy, président d'agglo de Louviers.
Ah, flûte et corne flûte, on parlait de cancer de la trachée, j'avais compris tranchée...
La région se propose de financer 122 millions pour cette autoroute. La région n'a pas la compétence route. Alors tout est bon pour justifier. Ce coup-ci, c'est la santé. À la bonne vôtre ! Le trafic routier est bon pour la santé. Et hop, on a la compétence. Les contribuables normands ont donc une bonne raison de financer l'autoroute : la santé. Le TGV ? La santé. Le nucléaire, c'est la santé... Ben non, ça va se voir à la fin ? Mais non les rayons contre le cancer...
Et ça, pour les Normands, c'est en plus des impôts des collectivités et de leur impôt sur le revenu, TVA, TIPP et autres.
L'autoroute, la pilule miracle pour la santé. La périurbanisation, sans doute souhaitée en secret par bien des élus, du foncier, du foncier, au détriment de plus de pollution, est présentée comme bénéfique pour des populations suffisamment inintelligentes pour n'avoir pas compris le pourquoi du comment.
Pensez-donc : ils étaient venus en masse pour protester contre cette autoroute, contre la pollution, pour conserver leur qualité de vie.
Sauf que la périurbanisation, c'est l'augmentation des pollutions même en agglomération : des transports multipliés par 3 ou 4, et des distances multipliées par 3. En agglomération. 60% des gens utilisent leur auto pour moins de 6 km. 40% pour moins de 3 km. En vélo, en roulant peinard à 20 km/h, cela représente un trajet de 10 minutes, sans avoir besoin tourner en ville pour chercher une place de parking. Et sans payer le parking qui plus est.
Les rapports des administrations sont pourtant là pour attirer l'attention et prévenir des pollutions accrues du fait de la périurbanisation induite par les autoroutes.
Aucun rapport avec la santé donc. Autoroute = moins de santé, surtout sur les maladies des bronches dont souffrent déjà les Normands. Bonjour l'attractivité du territoire ! Keuf, keuf...
Et puis le reste du rapport sur les déserts médicaux. Mettre fin aux déserts médicaux. Quand les maisons médicales sont vides, et que les politiques d'alternance gauche-droite veillent au grain pour que le numerus clausus n'augmente pas, quand les médecins prennent leurs retraites sans barguigner.
Pourtant, il y a beaucoup de médecins parmi les parlementaires. Alors ce numerus clausus, pourquoi ne pas l'augmenter ? Concurrence ? Là-dessus, pas de solution concrète, un appel aux voeux, sinon un appel aux dons fiscaux et imposés qui finiraient dans les grands projets inutiles.
La demande, c'est de réaliser une étude hydrogéologique du système karstique autour de ce tracé avant de procéder à toute dégradation (le mot est poli) de la ceinture verte autour de la métropole.
Faute de quoi, c'est l'accès à l'eau potable de cette métropole qui est en jeu. Urgent !
J'ai le droit de dire guignols ? Non, je n'ai pas le droit, je me tais, donc.
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avril
07

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La solution : plus de pollution grâce à l'autoroute, plus de routier, et des risques sur l'eau potable de l'agglomération rouennaise !
Que trouvons-nous dans le plan santé de la Région ? LNPN et autoroute A28-A13. Nous marchons sur la tête !
On va intoxiquer encore plus les habitants, supprimer des pans de territoire, supprimer des zones agricoles et des forêts, des prairies, des accès, pour fabriquer des trucs à pognon. Pas public, mais privé celui-là.
Mais financé quand même par le public et l'impôt, qu'il soit local, régional ou d'État.
Le beurre, l'argent du beurre, et le cul de la crémière.
La LNPN, ou comment inventer le TGV pour faire 200 bornes. Mais pas d'une traite, en omnibus en plus. Une catastrophe économique et écologique à venir. Et qui obligera les citadins à se rendre à la gare en voiture.
Oui, puisqu'en dépit du bon sens, ils veulent construire une ligne LGV qui s'arrête dans les villes. On en voit les effets sur toutes les lignes TGV qui plongent la SNCF dans les pertes financières. Alors même que la ligne "concurrente" Le Havre-Rouen-Paris est la plus rentable de France, et les gares sont implantés dans les coeurs de villes, avec les transports collectifs ou actifs (marche et vélo) en rabattement.
Plus obscur, la volonté d'insérer l'autoroute A28-A13 comme une préconisation pour la santé ! A la bonne vôtre !
Évidemment : la région avait présenté cette autoroute comme d'intérêt européen et francilien. Difficile de lui trouver un intérêt régional, vu l'opposition quasi unanime de la population dans l'Eure, et massif en Seine-Maritime.
Alors la santé, imaginez l'aubaine, c'est imparable. C'est bon pour ce que t'as. Cancer des bronches ? Des camions. Cancer du poumon ? Des autos. Cancer de la trachée ? Ben justement, on va vous faire une grande tranchée dans le territoire. Comme le remarque avec justesse Bernard Leroy, président d'agglo de Louviers.
Ah, flûte et corne flûte, on parlait de cancer de la trachée, j'avais compris tranchée...
La région se propose de financer 122 millions pour cette autoroute. La région n'a pas la compétence route. Alors tout est bon pour justifier. Ce coup-ci, c'est la santé. À la bonne vôtre ! Le trafic routier est bon pour la santé. Et hop, on a la compétence. Les contribuables normands ont donc une bonne raison de financer l'autoroute : la santé. Le TGV ? La santé. Le nucléaire, c'est la santé... Ben non, ça va se voir à la fin ? Mais non les rayons contre le cancer...
Et ça, pour les Normands, c'est en plus des impôts des collectivités et de leur impôt sur le revenu, TVA, TIPP et autres.
L'autoroute, la pilule miracle pour la santé. La périurbanisation, sans doute souhaitée en secret par bien des élus, du foncier, du foncier, au détriment de plus de pollution, est présentée comme bénéfique pour des populations suffisamment inintelligentes pour n'avoir pas compris le pourquoi du comment.
Pensez-donc : ils étaient venus en masse pour protester contre cette autoroute, contre la pollution, pour conserver leur qualité de vie.
Sauf que la périurbanisation, c'est l'augmentation des pollutions même en agglomération : des transports multipliés par 3 ou 4, et des distances multipliées par 3. En agglomération. 60% des gens utilisent leur auto pour moins de 6 km. 40% pour moins de 3 km. En vélo, en roulant peinard à 20 km/h, cela représente un trajet de 10 minutes, sans avoir besoin tourner en ville pour chercher une place de parking. Et sans payer le parking qui plus est.
Les rapports des administrations sont pourtant là pour attirer l'attention et prévenir des pollutions accrues du fait de la périurbanisation induite par les autoroutes.
Aucun rapport avec la santé donc. Autoroute = moins de santé, surtout sur les maladies des bronches dont souffrent déjà les Normands. Bonjour l'attractivité du territoire ! Keuf, keuf...
Et puis le reste du rapport sur les déserts médicaux. Mettre fin aux déserts médicaux. Quand les maisons médicales sont vides, et que les politiques d'alternance gauche-droite veillent au grain pour que le numerus clausus n'augmente pas, quand les médecins prennent leurs retraites sans barguigner.
Pourtant, il y a beaucoup de médecins parmi les parlementaires. Alors ce numerus clausus, pourquoi ne pas l'augmenter ? Concurrence ? Là-dessus, pas de solution concrète, un appel aux voeux, sinon un appel aux dons fiscaux et imposés qui finiraient dans les grands projets inutiles.
La demande, c'est de réaliser une étude hydrogéologique du système karstique autour de ce tracé avant de procéder à toute dégradation (le mot est poli) de la ceinture verte autour de la métropole.
Faute de quoi, c'est l'accès à l'eau potable de cette métropole qui est en jeu. Urgent !
J'ai le droit de dire guignols ? Non, je n'ai pas le droit, je me tais, donc.
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La solution : plus de pollution grâce à l'autoroute, plus de routier, et des risques sur l'eau potable de l'agglomération rouennaise !
Que trouvons-nous dans le plan santé de la Région ? LNPN et autoroute A28-A13. Nous marchons sur la tête !
On va intoxiquer encore plus les habitants, supprimer des pans de territoire, supprimer des zones agricoles et des forêts, des prairies, des accès, pour fabriquer des trucs à pognon. Pas public, mais privé celui-là.
Mais financé quand même par le public et l'impôt, qu'il soit local, régional ou d'État.
Le beurre, l'argent du beurre, et le cul de la crémière.
La LNPN, ou comment inventer le TGV pour faire 200 bornes. Mais pas d'une traite, en omnibus en plus. Une catastrophe économique et écologique à venir. Et qui obligera les citadins à se rendre à la gare en voiture.
Oui, puisqu'en dépit du bon sens, ils veulent construire une ligne LGV qui s'arrête dans les villes. On en voit les effets sur toutes les lignes TGV qui plongent la SNCF dans les pertes financières. Alors même que la ligne "concurrente" Le Havre-Rouen-Paris est la plus rentable de France, et les gares sont implantés dans les coeurs de villes, avec les transports collectifs ou actifs (marche et vélo) en rabattement.
Plus obscur, la volonté d'insérer l'autoroute A28-A13 comme une préconisation pour la santé ! A la bonne vôtre !
Évidemment : la région avait présenté cette autoroute comme d'intérêt européen et francilien. Difficile de lui trouver un intérêt régional, vu l'opposition quasi unanime de la population dans l'Eure, et massif en Seine-Maritime.
Alors la santé, imaginez l'aubaine, c'est imparable. C'est bon pour ce que t'as. Cancer des bronches ? Des camions. Cancer du poumon ? Des autos. Cancer de la trachée ? Ben justement, on va vous faire une grande tranchée dans le territoire. Comme le remarque avec justesse Bernard Leroy, président d'agglo de Louviers.
Ah, flûte et corne flûte, on parlait de cancer de la trachée, j'avais compris tranchée...
La région se propose de financer 122 millions pour cette autoroute. La région n'a pas la compétence route. Alors tout est bon pour justifier. Ce coup-ci, c'est la santé. À la bonne vôtre ! Le trafic routier est bon pour la santé. Et hop, on a la compétence. Les contribuables normands ont donc une bonne raison de financer l'autoroute : la santé. Le TGV ? La santé. Le nucléaire, c'est la santé... Ben non, ça va se voir à la fin ? Mais non les rayons contre le cancer...
Et ça, pour les Normands, c'est en plus des impôts des collectivités et de leur impôt sur le revenu, TVA, TIPP et autres.
L'autoroute, la pilule miracle pour la santé. La périurbanisation, sans doute souhaitée en secret par bien des élus, du foncier, du foncier, au détriment de plus de pollution, est présentée comme bénéfique pour des populations suffisamment inintelligentes pour n'avoir pas compris le pourquoi du comment.
Pensez-donc : ils étaient venus en masse pour protester contre cette autoroute, contre la pollution, pour conserver leur qualité de vie.
Sauf que la périurbanisation, c'est l'augmentation des pollutions même en agglomération : des transports multipliés par 3 ou 4, et des distances multipliées par 3. En agglomération. 60% des gens utilisent leur auto pour moins de 6 km. 40% pour moins de 3 km. En vélo, en roulant peinard à 20 km/h, cela représente un trajet de 10 minutes, sans avoir besoin tourner en ville pour chercher une place de parking. Et sans payer le parking qui plus est.
Les rapports des administrations sont pourtant là pour attirer l'attention et prévenir des pollutions accrues du fait de la périurbanisation induite par les autoroutes.
Aucun rapport avec la santé donc. Autoroute = moins de santé, surtout sur les maladies des bronches dont souffrent déjà les Normands. Bonjour l'attractivité du territoire ! Keuf, keuf...
Et puis le reste du rapport sur les déserts médicaux. Mettre fin aux déserts médicaux. Quand les maisons médicales sont vides, et que les politiques d'alternance gauche-droite veillent au grain pour que le numerus clausus n'augmente pas, quand les médecins prennent leurs retraites sans barguigner.
Pourtant, il y a beaucoup de médecins parmi les parlementaires. Alors ce numerus clausus, pourquoi ne pas l'augmenter ? Concurrence ? Là-dessus, pas de solution concrète, un appel aux voeux, sinon un appel aux dons fiscaux et imposés qui finiraient dans les grands projets inutiles.
La demande, c'est de réaliser une étude hydrogéologique du système karstique autour de ce tracé avant de procéder à toute dégradation (le mot est poli) de la ceinture verte autour de la métropole.
Faute de quoi, c'est l'accès à l'eau potable de cette métropole qui est en jeu. Urgent !
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Contournement Est de Rouen : les effets attendus de la périurbanisation

Périurbanisation, quel est ce mot barbare ? C'est le phénomène de fuite de la ville vers la campagne. C'est la disponibilité de l'automobile qui a permis ce retour vers une vie plus calme, et au foncier plus accessible qu'en ville.
On a plus grand pour moins cher, avec jardin, mais souvent, éloigné de tout. C'est aussi ce qu'on appelle l'étalement urbain.
Le prix à payer, c'est l'utilisation intense de l'automobile pour les échanges avec la ville, une congestion plus forte dans les centres-villes, mais aussi sur les pénétrantes. On fait des autoroutes censées fluidifier la circulation, et de fait, on crée une offre foncière que les agglomérations ou communautés de communes rurales promeuvent.
Alors que la population est stable en Normandie depuis des décennies, les agglomérations se mettent en concurrence pour récupérer les habitants, et leurs impôts qui vont avec. Ainsi, le pays entre Seine et Bray (50.000 hab.) veut construire 5800 logements (environ 20.000 habitants) d'ici 2030. La métropole, où la population est stable, veut construire 50.000 à 60.000 et accueillir environ 40.000 nouveaux habitants d'ici 2030. La CASE n'est pas en reste, souhaitant arracher une partie du gâteau à ses concurrents Seine et Bray et métropole, en construisant 4500 nouveaux logements.
Mais quel est ce gâteau, puisqu'il y a stabilité de la population dans la région, et dans la métropole et les agglomérations alentour ? Chacun veut récupérer la population de l'autre, créant une offre tentante, et de l'étalement urbain, avec des conséquences non maîtrisées.
Tous préviennent et alertent des conséquences de la périurbanisation mal anticipée, basée sur des objectifs par trop "ambitieux", et une attente "magique" d'un impôt qui viendrait compenser la baisse de la DGF. L'AURBSE, les Directions régionales de l'Equipement, le CGI, l'Autorité environnementale...

Revoir à la baisse les prévisions de croissance démographique en cohérence avec la vision plus prudente du taux de croissance annuel du PIB.
Recommandation de la contre-expertise du CGI

face à « l’attente magique » qu’une telle infrastructure suscite après des acteurs locaux, en l’absence de stratégie, ce n’est pas elle qui créera le dynamisme, pas plus qu’elle n’apportera à elle seule, une meilleure sécurité, une moindre congestion, une moindre concentration de pollution.
AURBSE

Sans aucune maîtrise et sans volonté d’un minimum d’anticipation, un certain nombre d’intérêts s’ils sont cumulés risquent d’entraîner des développements générateurs de graves dysfonctionnements au plan global. Il y a en effet convergence entre les intérêts des ménages en quête de l’accession à la propriété mais contraints par les coûts fonciers de se reporter de plus en plus loin, ceux des entreprises qui recherchent la visibilité, l’effet « vitrine » et la meilleure accessibilité par les axes routiers et ceux des communes qui espèrent profiter de l’infrastructure pour se développer, attirer de nouveaux habitants et créer des emplois..
AURBSE

Une augmentation de population périurbaine a sur les flux de déplacements une conséquence de 1 à 3.
Direction régionale de l'Equipement

Par ailleurs, les documents de planification des principales collectivités concernées ne laissent pas envisager le développement d’un réseau de TC directement concurrentiel avec l’infrastructure nouvelle
[...] Aussi le maître d’ouvrage en a-t-il conclu qu’il n’existe globalement pas de concurrence entre le réseau de transports collectifs existants et futurs et l’infrastructure projetée et donc que l’hypothèse selon laquelle la mise en service du projet ne modifiera pas la répartition modale, pour les flux qui l’emprunteraient, est acceptable.
DREAL, en réponse au CGI

Le bilan LOTI de l’autoroute A28 indique que « le fort impact de A28 sur le développement périurbain, notamment à proximité de Rouen, n'a pas été réellement anticipé et n'a donc pas été accompagné ou orienté. Il convient d'être attentif à ces aspects lors de l'étude des projets futurs ». De fait, cet impact se constate de manière évidente dans le secteur d’Isneauville et de Quincampoix. L’Ae recommande au maître d’ouvrage, avec les collectivités concernées, de présenter à l’appui de la DUP des mécanismes permettant d’éviter, réduire et compenser effectivement les effets environnementaux négatifs de la périurbanisation supplémentaire des plateaux Est, desservis par le projet.
Autorité environnementale

L’Ae souligne en outre que les trafics associés à cette périurbanisation supplémentaire, non évalués,ne sont pas pris en compte par le modèle de trafic.
À terme, ce trafic induit en cas de non-maîtrise de l’étalement urbain est de nature à recharger les axes déchargés par le projet, et les trafics à partir desquels les différentes évaluations (qualité de l’air, bruit, consommations d’énergie, etc.) sont construites n’intègrent pas les effets de l’étalement urbain supplémentaire.
De fait, et tout le monde le souligne et alerte, les effets "magiques" se révèlent au final catastrophiques au niveau du territoire.
Faute d'apporter des solutions, le maître d'ouvrage a préféré ne pas tenir compte de ce problème réel et attendu. Les objectifs liés à l'autoroute ne seront pas atteints, et la congestion augmentée à terme.

Le contournement Est ne désenclavera pas l’Andelle !

Il était demandé aux conseillers départementaux de préciser leur position sur le contournement Est de Rouen au Conseil départemental de l'Eure. Et aussi de voter une charte qui valide l'intérêt mutuel pour les territoires de l'autoroute.
Les conseillers départementaux se diront eux-mêmes hypocrites et malicieux en votant cette délibération : tout en votant pour le projet, ils expliquent, groupe après groupe, président de département en tête, que l'autoroute n'a aucun intérêt pour les Eurois. Et que le Département ne donnera pas un sou pour financer le projet.

On peut tolérer quelques désagréments, on ne va pas, en plus, les payer.
Sébastien Lecornu, président du département de l'Eure

Il ajoute, à propos de la métropole :

[La métropole] qui est très riche, qui se fera un plaisir de financer, allègrement à mon avis, ce projet, puisque c'est pour son territoire que c'est utile.
Sébastien Lecornu, président du département de l'Eure

Tous les groupes sont représentés, et chacun s'exprimera sur l'inutilité du projet pour l'Eure et les Eurois.
  • le désenclavement de l'Andelle : constat est fait que la RD321 est devenue un couloir à camions. Pour des raisons de "GPS" : autrement dit, pour ne pas emprunter les péages.
    De Gennevilliers pour rejoindre Rouen, ou l'A13 dans sa partie gratuite (tout le département 76), 1000 camions par jour ont le droit de circuler tous les jours en plein coeur des communes et des villages, habitations, écoles...
    Les conseillers ont conscience que ce n'est pas le contournement Est qui permettra de "désenclaver" l'Andelle, qui plus est dans 8 ou 10 ans, alors que le danger et la gène se vivent au quotidien dans la vallée.
    Désenclaver, c'est "rompre l'isolement d'une région, d'une ville, d'un pays, en les ouvrant aux échanges par la mise en service de voies de communication."
    Ce que veulent les riverains de la vallée, ce n'est pas de s'ouvrir aux échanges plus encore, et de voir plus de trafic encore dans la vallée : c'est de pacifier la circulation, en supprimant les flux de trafic de transit.
    Seule l'interdiction de poids lourds le permettrait, et obligerait les camions à emprunter l'autoroute, en gagnant du temps et des kilomètres, mais en payant les péages.
    C'est cette solution d'interdiction de poids lourds en transit qui est retenue pour 2024. Idem pour la RD6015, ainsi que le tunnel de la Grand Mare.
    Mais pourquoi ce que les autorités refusent de faire aujourd'hui, elles le feraient dans 8 ans ?
    Évidemment, ce sont ces interdictions qui seront indispensables dans 8 ans pour empêcher les camions de transiter à travers l'Andelle. Dans 8 ans.
    Une interdiction préfectorale, la même qui est prévue dans 8 ans, pourrait résoudre cette mise en danger permanente, et faire cesser immédiatement cet enfer quotidien pour les riverains.
  • Le coût du péage : c'est la gratuité dans la partie Euroise qui est demandée.
    Attendu qu'il n'y a pas d'avantage pour les Eurois :
    • Aucun gain de temps - même sans doute une perte de temps par rapport à l'A13 vers le rond point des vaches ou la sud III -,
    • Que cela coûterait plus cher en péage et en carburant,
    • Que cela induirait la perte d'usage de routes utilisées actuellement, gratuitement - le tout pour payer, et payer plus cher qu'en empruntant l'A13... ce que les Eurois, et les Casois, ne veulent déjà pas faire.
    • Que nous ruinerions nos paysages et notre qualité de vie - en payant, en plus, pour se faire battre ?!
    • Que nous finançons localement, et financerions encore plus, du trafic routier international - qui nous fait concurrence et n'apporte pas un euro dans les caisses.
    Le conseil départemental demande d'étudier la suppression du double péage au niveau d'Incarville.
  • L'infrastructure : c'est un tronçon Eurois en 2x1 voies qui conditionne l'avis du Conseil départemental. D'ailleurs, ce n'est pas nécessairement un contournement Est de Rouen qui est utile, d'où la suppression du terme Est de la délibération. Et le contournement Ouest de Rouen est évoqué, car ce contournement va désenclaver Rouen, et non l'Andelle.
  • Toutefois, le diable est dans les détails :
    1. Le département reconnaît la nécessité de l'infrastructure, qu'elle soit à l'Est ou à l'ouest. Ce qu'attend l'État, c'est la possibilité de faire cette autoroute.
      Reconnaître l'intérêt général et l'utilité publique de ce projet, c'est autoriser de réaliser le contournement tel qu'il est défini dans le projet.
      Ce projet, c'est une autoroute à péage qui va dévaster le territoire. Seules les interdictions de transit ne figurent pas dans le projet, car c'est une partie administrative qui n'est pas concernée directement. C'est le préfet qui en décidera s'il en décide un jour.
      Ce dont on peut douter, puisqu'elles n'existent nulle part, sur la RD438 pour emprunter l'A28, la RD 321, la RD 6015, la RD 6014, et les camions traversent Rouen comme
      Toutes les locutions et voeux proposés ne sont que circonvolutions verbales : l'État décide, in fine, de faire ou de ne pas faire, ce projet.
    2. le 2X1 voies reste une volonté.
      C'est un point non négociable du projet pour la DREAL : 2x2 voies sur toute la ligne, 8 viaducs, autant d'échangeurs (8 voies, 2 x 4 péages), paysages dévastés, coûts sociaux, coûts environnementaux.
    3. la suppression du double péage à Incarville peut vite être interprétée comme l'acceptation du péage à Val de Reuil. Donc du péage.
      Le département accepterait donc le péage, et donc renonce à la gratuité.
    4. Aucune contribution directe ne sera portée par le département pour ce projet.
      Mais qu'en est-il des contributions indirectes ?
      Une fois l'utilité acceptée, il sera difficile de refuser un financement voté pourtant, même avec hypocrisie ou malice.
    Attention ! Tant d'hypocrisie et de malice envers l'État - qui n'est ni sourd, ni aveugle, ni démuni en terme légaux - pourrait vite faire penser aux Eurois que la malice et l'hypocrisie, ce pourrait être eux la véritable cible.
    Et non l'État, les lobbies du BTP et des transports, ou les concessionnaires.

Je vote contre, mais je ne vote pas. Il n'y a pas de vote.
Avec un tel montant d'investissement, avec une telle contestation, un référendum régional devra être organisé.

Contournement Est : une des plus formidables contributions, très avancée techniquement

Une des contributions les plus techniques déposées. Formidable travail d'Arnaud Delannay, du collectif des Authieux.
Chapeau bas, citoyen ! Merci pour un tel engagement, merci à lui de s'être mis à disposition du public, du territoire, et des générations futures.
4000 pages à analyser, en seulement deux mois. Mais aussi les dossiers des services de l'équipement, de tous les services, et les rapports de l'Autorité environnementale, du Commissariat Général à l'Investissement, et tant d'autres, tout a été étudié pour dénoncer l'inutilité, les risques, et la toxicité du projet.
Mais aussi les zones d'ombre, les contradictions, et les mensonges, car il faut convaincre.
Là où le gratin de la politique régionale ou nationale nous explique que "le contournement Est est indispensable, utile, et nécessaire", il y a des citoyens qui travaillent sur le dossier.
Les citoyens s'excusent, cela prend des dizaines, et des dizaines de pages.
Ils s'excusent d'avance pour vous infliger des données très techniques, des graphiques compliqués, ceux-là mêmes que les services nous demandent d'analyser.
Pollution, trafics, données économiques, tout passe au crible. C'est argumenté, mais Arnaud n'est pas au gouvernement : il ne suffit pas de dire que le projet est inutile, pas nécessaire, qu'on peut s'en dispenser.
Il faut prouver : il prouve.
Messieurs Revet et Poniatowski se sont trompés avec l'A28. Il sont responsables. Mais non coupables.
Penserions-nous à véritablement modifier les comportements des transporteurs, et obliger le trafic poids lourds à prendre les autoroutes, alors que le gouvernement a abdiqué sur la taxe poids lourds ? L'écotaxe, qui nous coûte aussi près de 1 Md €.
Et puis développer le transport collectif en subventionnant l'automobile... L'automobiliste n'est pas qu'une vache à lait : il vote. Alors les politiques font en sorte de ne pas les accuser, et de leur promettre une circulation plus facile demain... en auto.
Mais la congestion par le trafic automobile vient du trafic automobile.
Ils font comment les gens, si on ne propose pas de transports collectifs, actifs ou intermodaux ?
Il font comment les vieux, les jeunes, ceux qui travaillent, quelle que soit l'heure.
Bref du transport avec des correspondances, une amplitude horaire suffisante pour toutes les activités : professionnelles, familiales, culturelles, et pour tous les âges.
Doit-on perpétuer en permanence les mêmes erreurs, commettre les mauvais diagnostics, en mauvais docteurs d'une excellente pièce de Molière ?
Promettre, échouer, détruire, et soumettre la facture aux contribuables et aux générations futures. Se payer sur la dette.
Nos politiques en assumeront la responsabilité, notre responsabilité. Mais sans jamais assumer la culpabilité.
Sans jamais réparer.

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